déc
15
2011

La politique familiale va-t-elle faire les frais de la crise budgétaire ?

Fini les allocations familiales ? A l’approche des élections présidentielles, et à l’heure des économies budgétaires, le thème de la politique familiale sera certainement abordé  lors de la campagne. Si certains expliquent notre bonne santé démographique par l’octroi de ces prestations, d’autres préfèrent voir ces aides réparties selon les ressources des foyers. Le débat est ouvert.

Au fond, il y a deux conceptions. Soit on estime que les allocations familiales sont destinées à toutes les familles. Dans ce cas, elles ont un caractère universel et ne sont pas conçues comme un outil de redistribution. Soit on considère qu’il faut conditionner ces prestations aux ressources des parents.

Dans un dossier du magazine Pèlerin (semaine du jeudi 8 décembre 2011), il est notamment expliqué que la France « est l’un des pays qui consacre le plus d’argent à sa politique familiale ». Prestations directes, allègements d’impôts (le quotient familial permet de réduire l’impôt en le divisant par le nombre de parts fiscales du foyer), carte « Famille nombreuse »… l’Etat semble généreux avec les familles. Cette position n’est pas forcément partagée par tous. Extrait du livre « Un enfant de plus ? », le témoignage d’Olivier Fauchille, un père de famille de huit enfants.

Quelles critiques avez-vous à faire à l’égard des pouvoirs publics ?

Depuis le général De Gaulle, il n’y a plus aucune grande politique en faveur des familles nombreuses. A l’époque, la nécessaire reconstruction de la France s’était traduite par une politique familiale volontariste. Aujourd’hui, ce n’est plus la priorité des gouvernements successifs.

En quoi la politique familiale est-elle nécessaire ?

Si un enfant n’a pas de prix, il a un coût. Les parents de famille nombreuse réalisent un « investissement » lourd qui pourra bénéficier aux futurs retraités de demain. En effet, une fois dans la vie active, mes enfants seront nombreux à cotiser pour les parents de ma génération, dont ceux ayant un seul enfant. On pourrait dire que nous investissons pour la retraite des autres.

Mais au niveau des impôts, peut-on affirmer que la fiscalité est plutôt favorable aux familles nombreuses ?

Le calcul de l’impôt sur le revenu nous est favorable, je dois le reconnaître. A partir du troisième, chaque enfant compte pour une part dans le calcul. Avec ce système, nous n’avons pas payé d’impôt sur le revenu pendant près de quinze ans.

En revanche, il n’y a pas que l’impôt sur le revenu. Il y a aussi la TVA. C’est un impôt qui me paraît injuste pour les familles nombreuses car nos dépenses de consommation sont bien supérieures à la moyenne des autres familles.

Au sujet de l'Auteur: Hugues-Olivier Dumez

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